L'opération...
minou | 17 juillet, 2007 14:39
Il fallait remonter à quelques décennies pour se souvenir du premier cycle de sa vie où tous les ingrédients de la peur s' étaient concentrés en un temps record.
Sa mémoire s'était libérée quarante années après l'incident suite à l'ouverture interne de sa fontanelle, lui délivrant ainsi le message sur la raison de ses souffrances, une annonce qu'elle s'empressa vite de transmettre à son homéopathe préféré.
La femme est l'avenir de l'homme dit le poète, mais sur cette terre rien n'est définitivement scellé, tout est en mouvement perpétuel comme pour activer les cycles jusqu'à la révélation finale, emblème de l'ouverture sur l'Amour.
Ce jour là ses parents étaient ensemble pour la conduire sur les manèges, à cinq ans toutes les petites filles apprécient ce divertissement, pourtant elle ressentait une appréhension devant ce scénario trop parfait, d'autant que son père était toujours indisponible, comment expliquer sa présence aujourd'hui, à une heure si matinale les manèges sont encore endormis, quelque chose clochait et faisait grandir sa méfiance.
Je vous entends bien lui dire que les parents ne peuvent mentir à leur petite fille chérie, ceci était du reste l'objet de son inquiétude, comment ne pas faire confiance à ses parents ?
Le malaise s'installait tranquillement jusqu'à la saisir complètement lorsqu'elle reconnut l'otorhino venu ouvrir lui-même la porte de son cabinet.
Le désarroi l'envahit devant le mensonge, la trahison et la brutalité de cette mise en scène qui se voulait pourtant apaisante.
Ils étaient deux médecins en blouse blanche et, sans raison la petite fille se persuada qu'ils allaient la tuer, d'autant que l'O.R.L, très introduit dans cette famille pour venir souvent au domicile pratiquer sur elle des parasynthèses avec le masque étouffant qui distillait l'anesthésiant, demanda à ses parents de sortir afin d'éviter toutes effusions de panique.
Pour le coup, c'était encore raté, elle restait seule abandonnée à sa peur sans espoir d'en sortir, l'abandon voilà bien une sensation détestable et, les géniteurs ne le sont que par le nom seulement.
Elle se retrouve seule face à une mort certaine.
Mais à cet âge les neurones sont bien en place et les réflexes émotionnels fonctionnent parfaitement aussi, pour reculer l'instant fatidique, elle demanda à aller aux toilettes où elle s'enferma avec l'espoir qu'un Miracle se produise.
Rien n'arriva bien sûr et, c'est bien la mort dans l'âme que la fillette se résigna à ouvrir cette porte pour se livrer aux deux médecins.
L'un d'eux la prit sur ses genoux et, c'est avec horreur que l'O.R.L lui présenta le masque de l'étouffement assuré, dernière vision sur ce monde avant sa mort.
Eh bien non, et qu'elle fut sa joie de revenir goûter aux plaisirs de cette terre à son réveil , malgré la douleur, elle était si heureuse de retrouver l'espace et le temps réunis pour l'accueillir à nouveau, fausse alerte, mais 1er alerte.
Après l'épreuve se trouve toujours la récompense, cette fois c'était une glace, péché mignon de la petite qu'elle dégusta, malgré le mal, comme pour montrer au Créateur sa reconnaissance.
Oui c'est toujours le beau temps qui fait suite au mauvais, du moins c'est l'adage qui le dit.
Cette opération était un prélude et, sans le savoir, elle continua sa vie jusqu'au jour de la révélation de son problème, le psy était bien sa fontanelle et, elle se confia à Dieu homéopathe qui, pilules à l'appui, mit un nom sur son mal, peur psychose ou sykose, c'est tout de même plus rassurant de mettre un mot sur le mal hein (in) ?.
Elle absorba donc la potion magique qui tint sa promesse MAIS à la seule condition de ne pas consulter d'autres charlatans, cependant elle avait un rendez-vous avec l'acuponcteur qui, heureux comme Ulysse s'empressa de la piquer.
Trop mauvais cette suite qui sera éludée, laissons là les détails car ce n'était pas encore l'Heure...
L'Heure arrivera bien plus tard, doucement, charnelle, sensuelle mais oh combien spirituelle, comparable à une petite vague dans la mer calme, son prince émergea de la mer.
Elle le reconnut sans se soucier de l'impact sur sa vie, à l'époque elle dominait le courant de l'onde si dure...
Il s'installa, irradiant ses sens, présence inespérée comme pour lui susurrer que l'opération approchait, pour boucler la boucle, que c'était le Désir de Dieu qui, pour lui prouver son Amour, transcendera la mort.
Il connaissait son Unique désir et, comme sa mère autrefois, il la rassurait différemment par ses poèmes, son omniprésence spirituelle, son Amour illimité, dans un souffle lui promettait que derrière le masque il serait là, rien qu'eux Deux réunit par leur Passion et que plus jamais elle ne souffrirait de ce diable destructeur qui s'était attaqué pour la dernière fois à la mère de Dieu.
Ce rêve d'Amour risque de devenir réalité pour toute l'Humanité aussi...
Minou




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