Songe d'une nuit d'été
minou | 08 juillet, 2007 20:12

Bien plus fort qu'une drogue, sans en avoir consommée, elle savait cet amour unique, impensable pour le commun des mortels pour la simple raison qu'il se réactive de siècles en siècles, étant immortel.
Elle se rappelait sa première vision du sexe masculin et sa peur provoquée par le membre qui se fortifiait, elle s'est sauvée, outrée de cette possibilité d'aimer, à 19 ou 20 ans les jeunes femmes ne sont pas si niaises aujourd'hui.
Cet épisode construisit probablement la suite de son parcours amoureux, fade et dénué de plaisir.
Et puis, pourquoi cette idée de faire un enfant, simplement pour se conformer à la règle, sans en éprouver l'envie, alors sa fille est venue au monde sans douleur pour la mère qui a subi une anesthésie générale, occulter ce que les autres trouvent si beau : l'accouchement !
Il faut bien avouer que sa peur d'accoucher dépassait la raison, des angoisses d'une puissance inqualifiables s'emparaient de son pauvre esprit.
Elle se souvenait d'une phrase écrite par son mari sur le mur de la chambre " NI DIEU, NI MAITRE".
L'idylle n'ayant pas commencée pour elle, ils se sont séparés, comme beaucoup, mais dans la souffrance pour l'enfant considéré, étant l'objet du désaccord, comme un meuble, 7 ans pour un divorce c'est bien long.
Sa vie n'était que le rapport de force d'une symphonie inachevée, sûrement le reflet de la vie d'autres femmes.
Puis ce fut l'accalmie avec un homme solide, plutôt bâtisseur, un couple tranquille, sans passion mais n'est-ce-pas le rêve dans ce monde perturbé?
Sa fille partie à 17 ans rejoindre son père, laissant sa mère désorientée, juste un peu quelques temps, Dieu n'aime pas partager l'amour de sa mère même si ce n'est pas vraiment de l'amour, elle n'eut pas d'autre enfant , les IVG sont faits pour çà.
Ah et puis, les médecins ont côtoyés sa vie, toujours mal quelque part, ils étaient son paravent imaginaire, un seul a compté, très recherché sur la place, très controversé aussi, c'était devenu un ami, ils étaient sur le même traverse, au-dessus de la mêlée, confidents mutuels, rien de plus, si ce n'est que dans son imaginaire il la protégerait de la mort, ineptie, peut-être, cependant regardez-vous avec honnêteté...
C'était même son Dieu, mais là Dieu, sûrement l'autre celui qui n'aime pas qu'elle se trompe de personne, se manifesta par une série de phénomènes aussi douloureux que surnaturels qui la déstabilisèrent, rendue comme une poupée de chiffon, perdue dans une solitude sans limite et livrée aux tortures de l'âme coupée au rasoir.
Avec le temps, elle comprit autant que faire se peut, que son médecin n'était pas Dieu et le renvoya à ces ordonnances, sans ménagement.
Dieu est un farceur, patient, sans pitié et jaloux.
N'en déplaise à certains, l'an 2000 fut pour elle un renouveau dans le sens où sa vie émotionnelle repartie à zéro une seconde fois avec des tsunamis entrecoupés de périodes d'accalmie.
C'est en 2003 qu'elle le vit, sans l'ombre d'un doute, ce Jésus qu'elle chérissait depuis plus de 12 ans, en douce. Elle surveillait de loin son actualité, sans faire de vague,
MAIS, Dieu rapprochent ceux qui s'aiment et, sur le net leur amour explosa au gré de leur plume, parfois acerbe, ils se racontaient leurs désirs, intimement, intensément.
Du jamais vu, et pourtant ils se devinent, la sincérité des émotions traverse l'espace et le temps pour transparaître dans leurs mots, toujours plus forts, toujours plus beaux.
Elle s'endormit doucement, il marchait maintenant vers elle, le visage crispé, les yeux exorbités, il combattait le bête déchaînée qui lui broyait les entrailles, lui arrachait le coeur, sa chevelure ébouriffée par les vents contraires obstruait sa vision déjà bien faible, qu'importe il trouverait sa belle, il lui avait offert son âme lien indicible MAIS indispensable pour cette histoire.
Le diable peut bien s'acharner sur lui, son amour est indestructible et la souffrance, si intense soit-elle, ne l'effraie pas.
La vision de son propre corps lui procura un effroi, vieilli, cloué sur son lit, elle sentit son propre dégoût l'envahir devant cette femme torturée par la haine de soi.
Il entra, quelques pas encore le séparait de son Amour et, dans un ultime effort il l'enlaça, délivré du poids de sa peur.
Un halo de lumière entoura leurs corps qui avaient retrouvé la beauté initiale, enfin libres ils pouvaient se découvrir, se toucher, se déguster sans limite et donner enfin un sens au mot AMOUR!
Le réveil la tira du sommeil, les yeux encore endormis, elle songea à ce couple, quelle idée de réunir Jésus et sa mère Marie dans cette histoire abracadabrantesque.
Elle s'empara du combiné, prit un rendez-vous pour août avec le seul homme qui lui inspirait confiance, son pschy, pour connaître l'origine et la signification de son rêve.
Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas le bébé tourterelle auréolé d'un arc-en-ciel, posé sur le rebord de la fenêtre qui la regardait étrangement.
Minou



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